DOCUMENTS.                                           2"Âa;
XL
1672» — 9 janvier et 14 février.
TESTAMENT ET CODICILE DE MADELEINE BÉ J ARD.
Minutes de M* Emile Jozon.
Fut présente damoiselle Madeleine Béjard, fille majeure usante et jouissante de ses biens et droits, demeurant à Paris, rue Saint-Tho­mas du Louvre, paroisse Saint-Germain de l'Auxerrois, gisante ail lit, malade de corps, en une cinquième chambre ayant vue sur la cour, saine toutefois d'esprit, mémoire et jugement, comme les no­taires soussignés l'onl reconnu par ses discours ; laquelle desirant, pendant qu'il plait à Dieu lui laisser libre l'usage de sa raison, dis­poser de ses dernières volontés, a fait, dit et nommé auxdits notaires 6011 testament, ainsi qu'il ensuit : Au nom de la très-sainte Trinité, premièrement elle a recommandé son âme à Dieu le créateur, le suppliant, par les mérites infinis de la mort et passion de notre seigneur et rédempteur Jésus-Christ, la vouloir admettre en son saint paradis, pour quoi elle implore l'intercession de la bienheu­reuse vierge Marie et de tous les saints et saintes de la cour céleste du paradis. Item veut et entend ses dettes être payées et acquittées, etc., par son exécuteur testamentaire sous-nommé. Item veut son corps étant privé de vie être inhumé en l'église Saint-Paul, dans l'endroit où sa famille a droit de sépulture \ quant à son convoi et aux prières qui seront faites après son décès, se rapporte à la discrétion dudit sieur exécuteur du présent testament. Item veut et entend ladite damoiselle testatrice qu'il soit dit et célébré à perpétuité, soit en ladite église Saint-Paul, soit dans un monastère, tel que voudront choisir le sieur son frère et les damoiselles ses sœurs, deux messes basses de requiem par chacune semaine, dont sera passé contrat de fondation qu ce qu'il conviendra, et que pour ce il soit payé et baillé telle somme qui sera jugée suffisante,, à prendre sur ses biens. Item veut et entend qu'il soit employé en acquisition de rentes ou héritages une somme suffisante, comme il sera jugé et avisé par les damoiselles ses sœurs, pour, des fruits et revenus qui en provien­dront, être payé par chacun jour, à perpétuité, à cinq pauvres qui seront nommés par lesdites damoiselles ses sœurs et par l'ainé des enfants de la damoiselle de Molre, l'une d'elles, et de ceux qui naitront dudit ainé, cinq sols en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur, qui sera un sol à chacun desdits pauvres, auxquels la distribution de cette aumône sera faite de semaine en semaine par